Ce n'est plus une fiction mais ce sont des One Shot !


Bonne lecture !!

# Posté le mardi 26 juin 2007 01:54

Modifié le samedi 24 mai 2008 11:12

La folie. C'est juste pire qu'une fosse aux lions. Des cris à en crever les tympans, des bousculades, des coups... Je vais être couverte de bleus demain, et en plus j'ai sport. On va finir par croire que je me fais battre. Si le prof contacte pas l'assistante sociale avec ça... Oohlala n'importe quoi, Alice, penser à des choses pareilles en plein concert. Et de ton groupe préféré, en plus ! Deuxième fois que je les vois. Eux. Ma piqûre de bonheur quotidienne. Ma drogue. Tokio Hotel. Ce groupe de quatre jeunes allemands, talentueux, de vrais shows mans. C'est un moment unique, magique. Ce concert, je ne l'oublierai jamais de ma vie... Là, c'est déjà la fin, « Ich Bin Da »... Les paillettes. Qui s'envolent, et retombent sur la crinière de Bill, les dreads de Tom, les cheveux cramés par le lisseur de Georg... Sur le crâne d'œuf (enfin presque) de Saki, et sur d'autres VSD... Gustav n'en prend pas lui, il est bien trop loin. Je souris. Une paillette vient d'atterrir sur ma main. Vite, je la fourre dans ma poche de jean. Je lève de nouveau les yeux vers eux. «Es Ganz Egal... Wo Du Bist... An Deiner Seite... Nur Eine Weile... Du Bist Nicht Alleine... » Dernier accord de guitare de Tom. Une fraction de seconde de silence. Puis les hurlements de la foule. « Danke Schön !! » hurle Bill. Avec son grand sourire, ses dents décalées... Gustav les rejoint. Ils se rassemblent. Se prennent par l'épaule. S'inclinent devant nous, lancent des « Danke», nous sourient, nous font de grands signes... Partent. Certaines pleurent, les appellent... Pas moi. Je sais qu'ils vont revenir. Lancer leurs serviettes, leurs bouteilles, les baguettes, les médiators. Comme toujours. C'est leur rituel. En effet, ils reviennent. Bill s'avance en premier. Balance sa bouteille, pas très loin. Une fille l'attrape, et c'est l'émeute. Inévitable. Je préfère ne pas regarder. Je ne veux garder que des belles images de ces deux heures magiques. Pas ces bagarres inutiles. Je retourne mon regard vers la scène... Et la serviette de Bill me tombe littéralement dessus. Je n'ai le temps de rien faire, pas même celui de réaliser, de comprendre. Je ne vois plus rien. Et tout à coup, plus d'une dizaine de folles furieuses me sautent dessus, me griffent, me frappent, me cognent... Je ne sais plus quoi faire, je n'ai aucune issue. Du rêve, je tombe dans le cauchemar, le noir le plus total. J'essaie de me dépêtrer de la serviette, de m'en débarrasser... Je n'en veux pas, qu'elles se battent sans moi, j'veux pas tout gâcher pour ça, pas pour une stupide serviette... Soudain, une déchirure dans le dos. Ça brûle. Quelle est la conne qui a emmené un compas dans un concert ?! Le sans coule le long de ma colonne vertébrale, je le sens... Mon haut est déchiré, je recule... Et je tombe. Me fait écraser. Littéralement. Des Converse, des Vans, des ballerines... Toutes les chaussures m'écrasent toutes les parties du corps, ces filles ne s'aperçoivent même pas de ma présence sous elles, tout ce à quoi elles pensent, c'est avoir un morceau de tissu... Au secours. Je ne peux rien faire, je n'arrive même pas à me relever. J'essaie de m'accrocher à une jambe pour me relever... Peine perdue. Je suis perdue. Je ferme les yeux... Pour la dernière fois.


Article du Parisien - le 22 Juin 2007.

« Hier soir, au Parc des Princes à Paris, se déroulait un grand événement que toute une génération attendait avec impatience. En effet, le groupe allemand Tokio Hotel était en concert dans ce stade mythique qui a déjà accueilli par le passé les plus grands artistes.
Seulement le show (spectaculaire, il faut le dire) s'est terminé dans un bain de sang. Plus de deux mille évacuations, et on déplore 6 morts. 6 jeunes filles, âgées de 14 à 22 ans, toutes placées dans ce qu'on pourrait appeler la fosse, sont décédées suites aux blessures subies lors du concert. L'une d'entre elles a été littéralement écrasée par la foule. Est-ce la fin du rêve ? La fin du groupe ? Est-ce qu'à présent, on va enfin prendre conscience de l'ampleur des choses ? Cela n'aurait jamais dû se produire. »


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Ma première OS.
Je sais que ce récit peut paraitre sombre, mais je voulais écrire mes peurs vis-à-vis de ce concert/événement (auquel je ne vais pas >< ). J`espère évidemment que les choses ne se passeront pas ainsi.
Alors, vos impressions ?

# Posté le dimanche 11 mai 2008 03:27

- Je voulais juste vivre .
- Tu vis déjà .

- Tu comprends pas; ma vie c`était toi .


Il pleut, aujourd`hui. Je me promène sous ce rideau mouillé, c`est à peine si je réalise que je suis trempée. A l`image de mon coeur; délavée. Les arbres sont en fleurs, pourtant le ciel est chargé; les nuages semblent trop lourds pour qu`il puisse les garder plus longtemps. D`ordinaire, le printemps ce n`est pas ça. D`ordinaire, les oiseaux chantent, le ciel est bleu, et la joie remplie chaque parcelle de mon coeur. D`ordinaire je suis si bien. Le vent s`engouffre dans mes cheveux, courts et déjà assez ébouriffés. Je resserre mon écharpe contre ma bouche, je poursuis mon chemin; et j`arrive devant cet arbre. C`est comme çà à chaque fois. Les larmes montent, instantanément, incontrôlables. J`ai cette boule dans la gorge et ce froid au coeur; il me suffit de relire L+U gravé comme un promesse éternelle ... Qui ne fût pas tenue. " Et ça fait mal, crois moi, une lame, enfoncée loins dans mon âme ... & je saigne encore. "



{ F l a s h . B a c k }


-Arrête! Arrête, ARRÊTE JE VAIS TOMBER!
[ boum ]
- Hahahahaha !
- Très drôle, nan vraiment ... tu peux m`aider à me relever, maintenant?
- Non.
- Je peux savoir pourquoi?
- Tu es trop belle, quand tu t`énèrves.
- Mouai. Il va quand même falloir que tu te fasses pardonner, cette excuse ne suffira pas Ulrick ....
Je le revois se pencher. Il était beau, vous savez. Les yeux noirs, pénétrant, un visage exotique, un parfum envoûtant. Il était parfait, à mes yeux. & puis il m`a embrassé; longtemps, longtemps ... Puis il c`est relevé, j`ai encore du râler, alors il m`a dit:
- Je veux que tu sache combien je t`aime, Lily ...
- Moi aussi, je t`aime.
Il c`est un peu éloigné, il y avait cet arbre, celui que j`aimais parce que ses fleurs étaient belles, délicates. Il est resté planté devant une bonne dizaine de minutes en me criant de ne pas bouger; je n`ai rien fait, et quand il est revenu, il souriait. Il m`a pris la main, m`a cacher les yeux, m`a emmené devant l`arbre. Quand il m`a dit regarde, j`ai vu nos initiales gravées là, sur le tronc, entourées d`un coeur. J`ai cru que j`allais exploser de joie. J`était bête. Je l`aimais. & Je l`ai cru ...

{ End }



& puis il y a eu cette nouvelle; belle, bien faite, une voix douce, un sourire et des yeux d`ange. Il aura suffit d`un moi pour qu`un jour, je trouve une lettre dans laquelle il m`expliquait par a+b pourquoi nous deux c`était finit, pourquoi ça n`avait jamais existé. J`ai cru que j`allais mourir, déchirée entre la peine et la rancune. Avec le temps, je crois que ça c`est tassé. Je ne ressens que de l`amertume, et un regret trop fort pour toute cette époque de ma vie qu`il a embellit.



« merci ... d`avoir enchanté ma vie ... »




J`ai tenter une fois, une seule, de lui parler.
- Pourquoi?
- Ne cherche pas, s`il te plais. Il n`y a rien a dire, rien à comprendre. Non, ne pleure pas. Je t`en supplie ... Pourquoi tu pleures?
- Je voulais juste vivre.
- Tu vis déjà.
- Tu ne comprends pas; ma vie c`était toi...

& puis je suis partie, comme ça. C`est la dernière phrase qu`il m`a entendu prononcer. Les derniers mots que je n`ai jamais plus évoqués. Il fait un peu froid, aujourd`hui. Je ne me sens pas si bien. Je vais peut-être m`allongé ici, voilà, par terre, doucement, le long de cet arbre, cet arbre ... Mes larmes se confondent avec les goutes de pluie. Depuis 4 mois, je pleure tous les jours, toutes les heures, en imaginant l`impossible. " Mais moi je suis déjà morte ". Je voudrais tout oublier. Glacer cette part de ma vie, recommencer à zéro.
Un bruit, derrière moi. Je me retourne. Qui est-ce, Je ne sais pas. Il me parle. Me demande mon nom, je lui donne en échange du sien: Bill. Je ne prête même pas attention à ses cheveux trop longs pour être ceux d`un garçon, à son maquillage où à sa tenue. Il me parle, et c`est déjà bien. Il me demande pourquoi je pleure. Je lui dit que je ne pleure pas, il me dit que si, qu`il le vois bien. Qu`il peut m`aider, si je veux. Alors je me jette dans ses bras qu`il tend vers moi, et je pleure, je pleure, je pleure. Je pleure jusqu`à ce que mon corps ne puisse plus produire un son, ni une larme. Je pleure à l`infini, je pleure pendant une éternité. Je lui dit des choses que j`ignorais moi-même. Il me regarde, ne dis rien. Me serre plus fort contre lui. Il me dit juste qu`il ne peux pas rester longtemps, qu`il doit y aller. Il me dit qu`il reviendra, il sera là dès qu`il fera plus beau, parce qu`un jour de pluie, ce n`est pas un jour comme il faut. Je ne comprends rien. Je le vois me lâcher, me regarder, tourner le dos, s`éloigner. Je ne veux pas et pourtant je ne fais rien, je ne bouge pas. Il est parti comme un rêve un peu trop court, un peu trop beau.

Il s`est arrêté de pleuvoir; je me décide à me lever. Je vois quelque chose briller sur le sol. Je l`attrape: je ne comprends pas exactement ce que c`est. Après là voir retourné mille fois dans ma main, je comprends que c`est un médaillon, une petite sphère, minuscule, fragile. Une fente sur le côté. Je tire, l`objet s`ouvre. Un papier. Un numéro de téléphone. et une phrase, une seule.


# ne doute plus jamais; maintenant, je suis là.~
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Ma deuxieme OS
ça vous plaît ? C`est une histoire à laquelle je tient beaucoup.
Voilà, à vos claviers ...

# Posté le dimanche 11 mai 2008 04:39

Modifié le lundi 12 mai 2008 05:15

Ils ont tout perdu. Tout. Tout ce qui faisait que je les aimais. Je les ai connus très tôt, je dois même être une de leurs premières fans... J'habitais Magdeburg, j'allais à la même école que Bill et Tom. Une année, nous avons même été dans la même classe. Mais je ne leur ait jamais parlé, à aucun des deux. Et eux ne voulaient avoir de relations avec personne, hormis Andreas, leur meilleur ami. Ils se fichaient du reste, ils se fichaient de tout.

J'allais souvent dans ce petit club de Magdeburg, voir les groupes locaux. Dont Devilish. C'était il y a bien longtemps, maintenant... Leurs premières prestations, Bill les cheveux blonds, Tom et sa première guitare, une rouge, Georg les cheveux courts, Gustav qui souriait plus, à l'époque... On doit être à peine une quinzaine à avoir vu ça en vrai. « Grauer Alltag », « It Is So Hard To Live »... Leurs premiers essais, leurs premiers pas hésitants en tant que groupe.

Tout a changé. Évidemment. En bien, oui. Ils ont réussi, ils ont réalisé un de leurs plus grands rêves. Mais le rêve s'élargit, et prend des proportions... gigantesques. Je n'aurai jamais pensé que ça irait jusque là, que les choses prendraient cette ampleur... Ils avaient vite quitté l'école, pour étudier par correspondance... Ça m'a fait bizarre, déjà à l'époque. Je savais que ça arriverait un jour ou l'autre, mais cela signifiait que les choses devenaient sérieuses pour eux. Je n'ai pas vu, à ce moment-là. Je n'ai pas pressenti ce qu'il allait se passer. Je me disais que peut-être, ils arriveraient à se créer une petite notoriété dans la région, en Allemagne, tout au plus...

Jamais je n'aurai imaginé qu'ils seraient connus dans toute l'Europe, et encore moins au Canada et aux USA... C'est fou. Totalement dingue. J'ai l'impression d'avoir raté mon train pendant qu'eux ont pris un TGV... Je suis toujours à l'école, en dernière année. J'ai poursuivi, difficilement, ma petite route. Ici, plus personne ou presque ne parle d'eux. Ou alors on évoque seulement les « bons souvenirs » du passé... La période de fanatisme est passée, les filles de mon école ne s'intéressent plus à eux, maintenant c'est soit Killerpilze, soit Jimi Blue, ou encore Cinema Bizarre, très récemment... Je n'en peux plus de tout ça. J'ai l'impression de les avoir perdus, alors qu'ils ne m'ont jamais appartenu... Nous n'avons jamais parlé, à peine est-ce si nous nous sommes quelques fois échangés des regards, par hasard...

Ça fait mal, pourtant. J'ai mal quand je vois ce qu'ils deviennent aujourd'hui. Je ne les reconnais plus, en rien. J'ai l'impression qu'ils ont tout perdu, leur authenticité, leur simplicité... Où sont passés les quatre jeunes Allemands talentueux et humbles que l'Allemagne a découvert il y a bientôt 3 ans ? Est-ce qu'ils sont définitivement perdus, est-ce qu'ils courent à leur perte ? Est-ce le début de la fin ? ...

Je ne sais pas, je ne sais plus. Il y a longtemps que je n'espère plus rien d'eux. Je n'attends plus rien. Rien. J'ai tellement été déçue, j'ai perdu toutes mes illusions... Je suis comme les autres fans des débuts. Je ne peux rien faire, je reste là, bras ballants, complètement désemparée face à la situation. Certains et surtout certaines pourraient me dire que je suis défaitiste, que je les condamne sans attendre un signe qui me montre qu'on peut encore croire en eux. Mais moi je suis fatiguée. Ils ont réussi à me tuer, ces quatre cons. Qu'est-ce qu'ils ont fait de moi... Ils sont bien plus qu'un groupe de musique, bien plus qu'une drogue. Je ne peux pas vivre sans ça. Et je ne supporte plus de voir ce qu'ils deviennent. J'en ai plus que marre d'attendre, d'espérer en vain, quelque chose, un signe, un geste, n'importe quoi qui me ferait penser qu'ils sont toujours là, eux, sous leur masque qu'ils affichent quotidiennement au monde. J'ai tellement attendu... Tellement espéré. Pour rien. J'ai ouvert les yeux sur moi, sur ce que je suis devenue moi. Je ne ressemble plus à rien. Je ne survis que pour eux, eux seuls me raccrochent encore à un semblant de vie.

Mais ils s'envolent... Tout ce qu'ils étaient il y a quelques années s'est envolé. Je le sais maintenant. Je suis lasse de tout ça. Tous les souvenirs me reviennent... Eux. Eux en 2001. La pochette de l'album Devilish entre mes mains. L'attente du Week-end, pour aller au club et les voir. Je pouvais alors venir à la dernière minute et je me retrouvais quand même juste devant la scène...

Je suis égoïste, oui. Je le sais. Tellement égoïste que ce soir, j'ai pris ma décision. Je quitte ce monde, je ne le supporte plus... Je vois la déchéance de la seule et unique raison qui faisait que je m'aggripais quotidiennement, que je me battais contre moi-même et que j'essayais de réapprendre à vivre... Je ne peux plus, pas sans eux. Je n'ai plus aucune raison de rester dans ce monde. La mort est pour moi synonyme de paix, de délivrance... Peut-être trouverais-je enfin le repos...

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Ma 3eme OS, qui ressemble d'ailleurs plus à une lettre qu'à une OS, enfin bon...
Je sais pas, j'ai écrit ça à l'instinct, je sais que ça n'a pas beaucoup de sens.
Qu'en pensez-vous ?

[.Powleen'.]

# Posté le lundi 12 mai 2008 05:20

Modifié le mardi 13 mai 2008 12:15

Ses mains chaudes glissent le long de ma joue . Il approche son visage du miens . Je sens son souffle sur mes lèvres ..


BIIP BIIP BIIP



Je balance mon reveil au bas de la table de nuit et ouvre un oeil . Sept heure . Oh non, pas déjà ? Ca m'apprendra a parler jusqu'a deux heures du matin de mes problèmes sentimentaux a Léa . Je me lève péniblement et me dirige vers la salle de bain . J'en sorts vingt minutes plus tard, un peu plus active . Un petit coup de maquillage, j'empoigne mon sac a dos et je m'apprête a quitter ma chambre . Mais avant de franchir la porte, mon regard s'arrête sur une photo épinglée au mur . Un garcon et une fille . Lui et moi , il fut un temps .. Mais c'est du passé . Je suis partie, je l'ai laissé seul avec ses problèmes . J'ai eu peur, mais je ne sais pas de quoi . De m'engager peut-être .. Peur de trop m'attacher et de souffrir .. Ca fait trois mois qu'on ne se parle plus .. Mais il me manque . Je l'aime et je n'arrive pas a l'oublier . Il s'en doute, je le sais . Il me connait trop bien . J'arrache sechement la photo du mur, la chiffone et la jette dans la corbeille puis descends les escaliers quatre a quatre . Maman est dans la cuisine, elle me fait un bisou lorsque je m'assieds pour dejeuner . On ne parle pas, comme d'habitude . Je mange en silence, incapable de sortir le moindre son , et elle le sait très bien . Il me faut du temps, le matin . Surtout lorsque je n'ai dormi que cinq heures .. Après avoir fini mon petit-déjeuner, il est temps que je parte a l'école . J'embrasse ma mère et quitte la maison . Je ferme la porte, réaguste la lanière de mon sac sur mon épaule et traverse le jardin . Mais en passant devant la boite aux lettres, une chose retient mon attention . Un papier orange dépasse de la fente . Orange, sa couleur préférée .. Poussée par macuriosité, je tends la main et tire le papier . Il est plié en deux . Je l'ouvre et y découvre un mot . Mon coeur ne fait qu'un bond , mes mains se mettent a trembler . C'est son écriture, je la reconnaitrait entre mille . Trois phrases noircissent le papier orange . Je les lis avec peine ..


«Si tu m'aime encore , rejoins moi maintenant . Cap ? .» Bill K.


Oh, Bill .. T'es vraiment qu'un cretin, j'espere que tu le sais . Je ne peux m'empecher de sourire en l'imginant glisser le papier dans ma boite aux lettres, puis partir tel un voleur . Quel con . Je t'aime . Oui, mais il est drôle lui .. Il crois franchement que je vais rater un jour d'école pour ses beaux yeux ? Ben il a raison . L'amour n'attends pas, et je ne suis pas du genre a vouloir absolument aller a l'ecole . Et puis c'est un cap ou pas cap . Je ne me laisserais pas faire . Oui, mais où est-il ? Je retourne la feuille dans tous les sens pour y trouver un indice , et je le trouve . En bas, a droite, écrit en tout petit, une phrase : Die Unendlichkeit ist nich` mehr weit .
Le pont . On y a passé des heures, tard le soir, a regarder les étoiles . Il m'a dit un jour qu'il pourrait rester une eternité là, avec moi . Et puis il s'est mis a chanter cette chanson .. Une envie soudaine de me serrer dans ses bras me vient en tête . Je ne veux pas le perdre une deuxième fois . Je me mets a courir, dans le sens opposé a celui de l'école . Je m'en fiche, je prends soudain conscience a quel point je l'aime . Attends moi, j'ai peur . Silteplait . Mes jambes me font mal, je n'ai pas l'habitude de courir , mais je m'en fiche . J'arrive au pont, enfin . Mais il n'est pas là . Merde ! Les larmes me montent aux yeux, je sens une boule dans ma gorge .. Serait-il déja parti ? Pourquoi n'y a-t-il personne ? Ou alors j'aurais mal interprété sa phrase .. Je m'accoude sur le muret et pleure . Je n'arrive pas a empecher les larmes de couler . Si quelqu'un passe, je dois être belle . Petit a petit, je me laisse tomber a terre . J'enfuis ma tête entre mes genous et pleure encore . Je me répete que je l'ai perdu pour de bon, cette fois . Je n'ai pas été assez rapide . Il est parti . Son visage tourne dans ma tête . Son sourire, sa voix résonne . Mon coeur se tord . Bill .. Pardon d'avoir eu peur .. Pardon de n'etre qu'une lâche . Et si ca se trouve il n'est jamais venu . Peut être qu'il est venu poster la lettre, puis est parti a l'ecole, pour me jouer un mauvais tour ? Non, ce n'est pas son genre , je le connais bien .. Et merde ! Bill, tu n'es qu'un petit con . je seche mes larmes et me relève . Je m'accoude a nouveau sur le rebord du pont et regarde au loin .. Ca doit signifier autre chose .. Je baisse les yeux et regarde la pierre . Je le vois, le deuxieme indice . Il est presque transparent, c'est pourquoi je ne l'ai pas vu tout de suite . Une autre parole d'une de ses chansons .. Bitte spring nich`
Un autre endroit .. Plus loin . Beaucoup plus loin . Il n'est même pas ici . Le théatre . Il ne peut pas être là, c'est trop loin .. Je devrais y aller en taxi, ou en bus . Lui même a du en prendre un . Et il y a une heure de trajet . J'hésite et retourne la phrase dans tous les sens . Pourtant je ne vois rien d'autre .. Je reprend donc la direction de l'arrêt de bus , un taxi couterais trop cher .. J'attends bien vingt minutes devant ce putain d'arrêt . Je recois des sms de mes amies qui s'inquietent de mon absence .. Je leur reponds que ca ne concerne que Bill et moi .. Enfin, le bus arrive . Je monte dedans et vais m'asseoir tout au fond . J'ai le temps avant d'arriver a destination . Je me rappelle, on etait partis là-bas visiter le vieux théatre en ruine avec l'école . ca faisait un petit moment que Bill et moi nous tournions autour, mais nous refusions de l'avouer . Au début, je me faisais une joie de ce voyage, j'aime bien voir des trucs en ruines, apprendre du passé des choses . Mais ce jour là, nous avions un guide ennuyeux a mourir . Alors, avec Léa, on s'etait échapées du groupe et nous étions parties explorer le théatre seules . Non, pas seules . Car Bill , Tom et Andreas nous avaient suivie . Nous aviont donc décidé de faire l'exploration a cinq . Mais au bout de quelques minutes, Bill et moi n'etions plus que tous les deux . Plus j'y pense, et plus je me dis que c'etait un coup monté .. Il m'a alors dit qu'il avait entendu parler d'un accès vers le balcon . Je lui ais demandé par ou y aller , il m'a prit la main et nous avont gravis un escalers en colimacon qui débouchais sur le balcon au dessus de la scène . La vue était magnifique . On voyait le théatre en entier, mais d'en haut . Je me suis approchée de la rembarde un peu branlante, Bill m'a suivie . Il a posé ses mains sur mes hanches et sa tête sur mon épaule . Je sentais son souffle sur ma joue .. Ses mains ont glissés autour de ma taille, puis le long de mes bras et il a entrecroisé ses doigts aux miens . C'est là qu'il a commencé a chanter Spring nicht . Avant ce jour je ne savais pas qu'il aimait chanter . Il m'a avoué plus tard qu'il ne chantait pas devant nimporte qui . Juste devant les gens en qui il avait confience . Ca m'a beaucoup touchée . Comme tout chez lui, d'ailleurs .. Je le trouve beau . Il me fascine . J'aime chaque partie de son corps, chaque trait de son caractère . J'aime sa manière qu'il a de m'embrasser, le regard qu'il me lance quand il a envie de moi . J'aime notre complicité .. Je déraille .. Je parle de tout ca comme si nous étions ensemble, alors que non . Sé-pa-rés . Ca me fait mal . Je ne sais pas ce qu'il a en tête en plus .. Il y a eu un moment ou on se comprenait sans rien dire, mais depuis qu'on est séparés j'ai l'impression de ne plus le comprendre . Il ne veut plus que je le comprenne . Il cache ses emotions, quand je m'approche de lui, il change d'humeur . Il n'est pas méchant, mais distant . Il m'en veut . Je m'en veut .
Je suis arrivée . Il etait temps .. Je m'arrête un instant avant d'entrer . Le théatre est encore plus impressionant que la première fois où nous sommes venus . Il est ici, je le sens . Je l'imagine dans ce théatre . Seul . Mon ventre se tord de bonheur . On sera juste tous les deux .. Ca fait si longtemps .. Je pénetre dans le théatre et sans réfléchir , traverse en courant les gradins . J'arrive dans la fosse, passe sur la gauche et trouve l'escalier en colimacon . Je regarde vers le balcon, mais ne vois rien . Il se cache, sinon ca serait trop facile .. Je monte l'escalier a une vitesse dont je ne me serais jamais cru capable . J'arrive, Bill . Arrivée au sommet, je me stoppe net . Il n'y a plus qu'un angle de mur qui me sépare de lui . J'hésite . Et si je m'etais trompée ? Et si il n'était pas là ?Je prends une grande inspiration et fais un pas , puis deux .. Je passe timidement ma tête a l'angle du mur et jette un oeil sur le balcon .. Mon coeur s'arrête . Il est là, accoudé contre la balustrade , en trein de fumer une cigarette . Il a mit le gilet orange qu'on a acheté ensemble . Je m'avance doucement . Je ne sais pas quoi dire, ou quoi faire . "Tu en as mis du temps .. Dit-il en ecrasant sa cigarette sur le bois de la balustrade . Je pensais que tu serais la plus tôt .." Je ne sais pas quoi dire .. Je me sens loin de lui . Il ne me regarde pas , son ton est froid . Comme si il regrettais d'avoir attendu tout ce temps, et qu'il allait partir d'une seconde a l'autre . "Je ne savais pas .. J'ai hésité .. Je ne ." Béguaillais-je stupidement . J'avais tellement douté de moi .. J'avais tellement réfléchis que toutes les idées se bousculent dans ma tête, mais pas une ne veut sortir clairement . Je me stoppe a un mètre de lui . Je préfère me taire, de toutes facon, je ne sais que le mettre en colère .. Je ne supporte pas qu'il m'en veuille . Si je n'avais pas peur qu'il me repousse, je me jetterais dans ses bras, et l'embrasserais . Je lui montrerais a quel point il me manque et a quel point je l'aime . Mais je n'ose pas et baisse les yeux . Je finis quand même par dire quelque chose de censé . "Pourquoi tu m'as fais passer par le pont ?" Je lui demande en contemplant mes chaussures . Il se retourne . Je ne vois que ses jambes, incapable de relever la tête et d'affronter son regard . Si ca se trouve, il m'a amenée ici pour me faire comprendre qu'il ne voudrait plus jamais de moi .. "Parce que je voulais que tu réfléchisse ." Me répond-t-il en s'approchant . Je n'avais jamais remarqué a quel point il avait de longue jambes . C'est sûrement pour ca qu'il me dépasse de 15 cm .. "Je voulais voir si tu avais la volonté de me retrouver .. Voir si tu n'avais pas oublié ." Il est juste devant moi, maintenant . Je sens son odeur, sa présence . Le peu de raison qu'il me reste m'empeche de me jeter dans ses bras . "Pourquoi tu ne me regarde pas ?" Sa voix me fait frissoner . Elle se fait soudain douce, comme avant . Mes yeux se brouillent, une larme coule le long de ma joue . Je relève doucement la tête vers lui , il plonge son regard dans le mien, mais je le fuis . Il soupire , attend que je fasse quelque chose . "Je .... Ne pourrais jamais oublier . Même avec toute la volonté du monde, je ne pourrais jamais t'oublier ." Il recroise mon regard, et je l'affronte . Il me sourit . Nos regards disent tout , mes yeux s'excusent a ma place, et les siens me pardonnent . Son sourire me refait vivre . Sa main gauche se glisse dans ma main droite, et sa main droite essuye la larme qui a séché a la commissure de mes lèvres . Il est si doux .. Enfin, je retrouve le Bill du début . Je passe mon bras libre autour de son cou et me serre contre lui . Sa main presse contre mon dos, comme si elle voulait que nous ne fassions plus qu'un .. J'enfouis mon visage dans sa nuque et murmure : "Pardon, Bill .. Je m'excuse, je m'en veux . Je t ` aime." Il désserre son étreinte et me fixe intensément . Je lui souris timidement , il glisse sa main sur ma joue et me rend mon sourire . Je passe mes mains autour de sa taille et colle nos deux corps l'un a l'autre . Sa deuxième main vient se loger dans ma nuque et il approche son visage du mien . Mon ventre se contracte, je ferme les yeux et sens ses lèvres se poser sur les miennes . Nos bouches jouent entre elles, il me mordille la lèvre inférieure et je sens ensuite son piercing jouer avec ma langue . J'avais oublié a quel point c'etait bon .. Tout notre amour sort de ce baiser . On se l'est caché trop longtemps, et nous rattrapons le temps perdu . Je mets fin au baiser et pose ma tête contre son torse en répétant cette phrase magique : "Je t ` aime." Il me caresse les cheveux en y déposant de petits bisoux . Nous restons longtemps serrés l'un contre l'autre . Je ne sais pas combien de temps, exactement , mais quand je relève la tête , il fat noir . La clarté de la lune filtre doucement au travers du trou dans le toit, et éclaire le balcon du théatre . " Tu es belle" Me dit Bill avant de m'embrasser . Il m'entraine ensuite près de la balustrade , me prend dans ses bras et commence a chanter . Je ferme les yeux et me laisse bercer par sa voix . "Über den Dächern ist es so kalt und so still .." Mon coeur se serre . Cette nuit n'apartient qu'a nous . Il me serre fort dans ses bras . Je ne vis que pour lui ."Ich weiss nicht wie lang . Ich Dich halten kann .." Je me retourne face a lui, et me blottis dans ses bras . Les larmes coulent le long de mes joues sans que je ne puisse rien faire pour les arrêter . Je ne sais même pas pourquoi je pleure . Ca doit être l'emotion . Le fait qu'il me pardonne, que nous soyons a nouveau ensemble . Je m'agrippe a lui comme si j'allais tomber . Ses bras me tiennent fermement contre son corps . Son odeur m'envahit, sa voix me fait vibrer . "Und hält Dich das auch nicht zurück .. Dann spring ich für Dich ."
Il murmure les derniers mots comme pour en impregner le théatre . Il prend mon visage entre ses mains et me pose cette question : "Tu ne me laisseras plus tomber ?" Je prends une grande inspiration et réponds : "Plus jamais ." Il scelle mes mots par le baiser le plus tendre qu'on m'ai jamais offert .

# Posté le mardi 13 mai 2008 12:14

Modifié le vendredi 16 mai 2008 10:24